Souvent posée, la question de la noblesse de la famille Cazotte nécessite quelques explications.
On a vu que l’origine de la famille repose sur la Bourgogne. Si les ascendants directs ont des activités commerçantes et artisanales, ils sont aussi échevins, conseillers du Roi, et occupent diverses charges importantes. Nombre de Cazotte au XVIIème et XVIIIème siècles sont Conseiller, notaire, secrétaire du Roi, avocat général à la Table de marbre du Parlement de Bourgogne, sur plusieurs générations. Ces charges ont pu donner accès à la noblesse. Jacques Cazotte, proche des idées de d’Alembert, se revendiquait quant à lui du Tiers Etat et n’avait que peu de considération pour les « nobliaux » et la Cour, bien qu’il entretînt une relation étroite avec nombre de ses membres.
Son fils Jacques-Scévole eut une carrière militaire remarquable, marquée notamment par son héroïsme à Epernay, protégeant de son corps et d’une mort certaine, la Reine Marie-Antoinette et son fils, dans leur retour depuis Varennes. Il est alors admis dans le cercle étroit de la Reine et dans le salon de Madame de Tourzel, qui conduisit à ce qu’il fut admis comme lieutenant dans les Gardes du Roi. Il sut être présent les 20 juin et 10 août 1792 aux côtés du Roi, mais sa brillante conduite fut peu récompensée. Au service de l’armée des Princes, il eut l’occasion de montrer son devoir et son courage. Au retour d’émigration, sa nomination au grade de Chevalier de Saint Louis fut officialisée et il fut promu chef de bataillon. Ruiné par la Révolution, ne recevant rien des restitutions promises aux émigrés, il ne put faire, faute d’une famille élargie le soutenant, valoir des droits. A compter de 1814, il accole à son nom la particule « de », qui ne veut pas dire « noble ».
Et ses descendants, dont de nombreux furent diplomates, jugèrent utiles de conserver le nom tel que Jacques-Scévole l’avait transformé au XIXème. A noter que du côté de son frère Simon-Henri, toute la branche chilienne porta la particule, à l’espagnole « y Cazotte ».