Depuis les deux édits royaux de 1764 et 1765, le maire, choisi parmi trois notables présentés par les habitants, est nommé par le Roi. L’arrêté royal du 11 juillet 1776 fixe la nouvelle composition du Bureau de la ville ou « Conseil général », avec un maire, deux échevins et dix notables. Le maire, nommé pour trois ans, doit être natif de la ville ou y résider depuis 8 ans. En suite du décret révolutionnaire instituant des élections du maire et des autres membres du « Conseil général de la commune » par les habitants eux-mêmes, ce qui rendait les maires plus indépendants que par leur nomination par le Roi, Jacques Cazotte fut élu Maire de la Communauté (des citoyens) de Pierry le 17 janvier 1790.
L’élection se fait à la pluralité des voix des citoyens actifs, rassemblés dans l’église paroissiale. Sont également élus à cette occasion deux officiers municipaux (on dira aujourd’hui adjoints au Maire), les sieurs Barnier et Thomas, le meunier du moulin de Saint-Julien au poste de procureur de la Commune et 5 notables, tous formant le Conseil général de la Commune. Il manquait à l’appel le curé Lauton qui avait été pressenti pour remplir la fonction de secrétaire. Ce fut le fils aîné de Cazotte, Jacques-Scévole qui fut nommé secrétaire de séance.
L’élection municipale
Le 17 janvier 1790, à Pierry « la majeure et la plus saine partie des citoiens (sic) actifs de la paroisse assemblés » procède à l’élection des officiers municipaux. Le « bureau de vote », composé d’un président et d’un secrétaire : « Mr Jacques Cazotte, ancien commissaire général de la marine et Mr Luton, curé de la paroisse », ayant été nommé « par la voie du scrutin … à la pluralité absolue des suffrages », il est procédé à l’élection des nouveaux officiers municipaux. « Le Scrutin a été recueilli et dépouillé par Mrs. Cazotte, Thomas et Petitot les trois plus anciens d’âge… La Pluralité absoluë des voix a élu Mr Jacques Cazotte maire de la communauté au 1 er scrutin. ».
Jacques Cazotte avec deux officiers municipaux, le procureur de la Commune, le meunier de Saint Julien et 5 notables prêtent « serment devant tous les citoïens (sic) actifs de maintenir de tout leur pouvoir la constitution du Roïaume, d’être fidèle(s) a la Nation à la Loy et au Roy et de bien remplir leurs fonctions ».
Dans ces premières années de la Révolution, les Communes deviennent le relais des dispositions prises à l’échelon national comme le serment fédératif prêté le 14 juillet 1790, ou les mesures prises à l’encontre du clergé et de la noblesse. Ainsi les décrets du 27 novembre 1790 transforment les religieux en fonctionnaires publics et les obligent à prêter serment à la Constitution. Ceux qui sont demeurés fidèles à Rome deviennent réfractaires et sont poursuivis comme tels. Le sort des nobles est similaire ; il conduit à leur émigration.
Principales dispositions prises par le maire Jacques Cazotte que l’on retrouve dans les registres, décisions locales ou d’application nationale :
1790
- 17 avril : fixation du prix de la journée de travail à 12 sols
- 2 mai : nomination du sieur Guyot secrétaire-greffier aux gages de 24 livres l’an, c’est lui qui rédigera les actes et comptes rendus administratifs
- 14 juillet : célébration du serment fédératif, prêté au nom de tous par le Maire
- 28 août : c’est le curé Lauton, qui prête le serment ci-avant
- 1er décembre : pose des scellés sur les papiers et documents publics ainsi que sur ceux de l’abbaye de Saint Pierre aux Monts conservés au Greffe
1791
- 16 janvier : lecture des décrets du 27 novembre 1790 portant constitution civile du clergé, avec prestation de serment des religieux, devenus par voie règlementaire fonctionnaire publics, et donc rémunérés.
- 18 janvier : élection des gardes des biens communaux et nomination aux commissions d’estimation foncière des biens : vignobles ; terres ; champs ; prés ; maisons
- 23 janvier : prestation de serment à la constitution civile du clergé par le curé Lauton
- 3 avril : examen du cueilleret (liste des redevables de la dîme pour les années 1788 à 1790), nomination du garde-vignes
- 3 juillet : suppression des armoiries, dont celles des seigneurs de Pierry
- 14 août 1791 : nomination de deux collecteurs d’impôts
- 7 octobre : fixation du prix de la garde des vignes et terres (10 sols par arpent de vigne pour les non-résidents ; 5 sols pour les « citoyens du lieu »
- 13 novembre : renouvellement de la Municipalité. Cazotte argue de son grand âge pour ne pas solliciter un autre mandat. C’est son « adjoint » Jean-Baptiste Thomas, doyen d’âge aussi, qui devient le second maire élu de Pierry.
Dans ces actes, on sent Cazotte en homme soucieux de la justice et de la condition humaine, à l’écoute des gens.
Ainsi, dans un courrier du 27 avril 1791, adressé au Directoire du département de la Marne, Cazotte expose « sur les Paturages communs aux communautés de Pierry, Corrigot et des Aulnois ». Il plaide pour une juste répartition entre les 3 communautés et surtout un retour du marais à sa destination première, pour préserver l’intérêt général (un acte environnemental !)