Le château aujourd’hui
La Marquetterie, demeure iconique de Pierry, tentatives d’éclairage sur son origine
Il est quelques zones d’incertitudes sur la durée de la propriété de la Marquetterie d’abord par Chrétien Nicolas Cazotte, puis par son frère Jacques Cazotte. On tâche peu à peu d’apporter des réponses.
La vente Louis Joseph Ancillon de 1754
Louis Joseph Ancillon est conseiller au Parlement de Metz. Il vend à Chrétien Nicolas Cazotte :
« Une grande maison à Pierry, non achevée, avec les matériaux et les bois de charpente pour la construction ».
Cet édifice dispose d’un imposant vendangeoir
La vente de Chrétien-Nicolas à Simon Roignan en 1758
Vente intermédiée par Jacques Cazotte en 1758, d’une maison appartenant à Chrétien Nicolas, achetée en 1754, à Simon Roignan, futur beau-père de J. Cazotte. Selon Armand Bourgeois il s’agit de la Marquetterie.
La découverte de l’inscription sur une feuille de plomb, en 1896 chez Madame Veuve J. Goerg, à la Marquetterie (Revue de Champagne et de Brie)
« C’est M. l’abbé Cazotte qui fit bâtir la Marquetterie en 1730. Ensuite revendue à M. Chedelle (sic), puis M. de Lomas, puis à M. Georges de Châlons sur Marne.
Ce dernier propriétaire ne fait pas comme les précédent, il ne l’habite pas, il y a un régisseur, M. Bonnaire, cousin germain du côté de la femme de M. Georges. Madame Bonnaire décèdera le 11 novembre 1816 à Pierry, et enterrée sous la croix du cimetière ».
Claude Taittinger (Monsieur Cazotte monte à l’échafaud, 1988)

Il décrit la maison de Cazotte, mais cela serait l’ensemble Mairie/Ecole (?).
« La maison ne manque pas d’allure, avec ses deux ailes et le joli toit en ardoise qui la recouvre. Elle contient un salon, une bibliothèque et une dizaine de chambres à coucher, dont quelques-unes réservées aux domestiques. ».
Il indique que Cazotte aurait plutôt loué (mais il en était propriétaire depuis 1760 ?), la Marquetterie pour y installer son activité très profitable, viticole, pressoirs, cuverie, etc. ; et le château pour y recevoir ses amis, et organiser les fêtes, concerts et théâtre.
Ce qui serait contradictoire avec les indications référencées ci-dessus et ci-dessous.
Madame d’Hautefeuille
Ni château ni chaumière
Benoît Musset (2008) et références IE 85
La Marquetterie est une maison forte, en 1696, lors de son achat par le noble récent Nicolas Cocquart, « l’un des cent gentilhommes ordinaires de la maison du roi, receveur du grenier à sel de Châlons », acquise auprès de M. Beschefer, bourgeois de Châlons qui l’avait embellie d’un pignon en 1691. La Marquetterie est entourée de vignes, et de maisons de vignerons, couvertes de paille, souvent en mauvais état.
La maison est composée en 1721 d’un corps de logis, un autre corps de logis de toute la longueur de la cour haute, un autre corps de bâtiment, une chambre, un donjon, un grand cellier, des caves, un autre corps de bâtiment dans la cour basse avec un grand pressoir, une place pour un placer un autre pressoir, un autre corps de logis de plusieurs écuries, remises, greniers, deux petits jardins derrière le corps de la longueur de la cour haute. Une petite maison derrière les remises occupées par Louis Desclapart Vigneron.
La Marquetterie passera ensuite à Jean Delcourt, trésorier de France des finances de Champagne, à Châlons, revendue ensuite en 1721 à un consortium parisien, dont Pierre Desplaces, notaire qui mit la main sur la Marquetterie, partagé entre ses enfants en 1739. La Marquetterie est transmise ensuite à Jean Roussel, bourgeois de Paris, qui la cède à son neveu Louis Ancillon, conseiller au Parlement de Metz. Celui la vend en 1754 à Chrétien Nicolas Cazotte.
Au cours de cette moitié de siècle, la Marquetterie passe de statut de maison forte, à celui de château d’agrément muni de son centre d’exploitation viticole.

Eloïse Oelermans (2026)
Jacques Cazotte vendit la Marquetterie, dès le 2 mai 1766, à Bertrand Thérèse Chédel, marchand de vins avec son frère à Pierry, et avec qui Cazotte était en affaires dès son arrivée à Pierry, mais Chédel n’en aurait réglé le solde qu’en mai 1788. Il aurait payé la moitié à Cazotte en 1766, et n’aurait pu régler le reste en raison de diverses créances. Cazotte aurait pu occuper la Marquetterie plus longtemps donc, en locataire, jusqu’à la veille de la Révolution, ce qui vient conforter la thèse de Claude Taittinger.



