En 1759, Cazotte rentre de la Martinique, son temps de Commissaire général de la Marine étant épuisé. Avant de quitter l’Ile, il réalise ses biens, terres, esclaves, maisons, bétail, dont ceux de sa future épouse Elisabeth Roignan et les vend contre une lettre de change au Père Lavalette, trésorier supérieur des jésuites, à charge pour la Compagnie de Jésus de lui remettre la contrepartie en métropole. Mais la Compagnie de Jésus fait une faillite retentissante, ne reconnait pas les actes du père Lavalette et Jacques Cazotte ne peut récupérer sa créance (estimée à 150 000 livres, soit environ 1,7 M€), sauf quelques intérêts, malgré le procès qui juge en sa faveur. La Compagnie de Jésus est en effet dissoute et ses biens saisis en 1762, avant d’être expulsés de France en 1765 par Louis XV et toute récupération financière devient alors impossible. Cazotte est donc ruiné, d’autant plus qu’il prend sa retraite de la Marine, sans pension.

Salutairement pour lui, son grand frère Chrétien Nicolas Cazotte (1704-1760), vient à décéder et lui lègue ses biens. Chrétien Nicolas, fils de Bernard Denis Cazotte et de Marie Taupin, comme Jacques, est grand archidiacre de l’évêché de Châlons, après avoir été chanoine de Notre Dame d’Avallon, Alcade des Etats de Bourgogne, vicaire général à Chalons. C’est l’administrateur, pendant 30 années, de Monseigneur Claude-Antoine de Choiseul-Beaupré, (1697-1764), évêque de Chalons sur Marne, Pair de France. A noter qu’il était le frère du ministre de la Marine, Etienne-François de Choiseul.

Chrétien-Nicolas, à compter de 1756, achète des vignes et des biens à Pierry et les villages environnants (Moussy, Vinay, Ay, Chouilly, Cramant et Epernay), ayant vendu ses biens en Bourgogne. Il y a plusieurs achats importants, notamment auprès de Pierre de Failly, seigneur de Vinay, des frères Joseph Louis et Auguste Ancillon, conseiller du Roi et seigneur de Jouy, Jeanne de Prévost, épouse séparée du Marquis de Beffroy, demeurant à Pierry, et Joseph Chertemps, officier du Roi et son épouse Jeanne Lasnier, à Pierry.

Outre les parcelles de vigne, il y a des terres et des maisons, toutes situées à Pierry.