Claude-Joseph de Cazotte de la Chassagne (1728-1792) est le fils de Claude-Pierre Cazotte, procureur à la Chambre des comptes de Dijon. Il est le petit fils de Claude-Pierre Cazotte, frère ainé de Bernard-Denis Cazotte, père de Jacques Cazotte. C’est donc un neveu un peu éloigné de notre littérateur. Lieutenant-colonel en 1er au 2ème bataillon des volontaires la Côte d’Or, tué au combat de la Glisuelle le 11 juin 1792, chevalier de Saint-Louis. C’est un des seuls militaires de la famille, qui est principalement à cette période, composée de magistrats et de hauts fonctionnaires à Dijon.

Après une carrière militaire, à Besançon, Strasbourg, Dunkerque, Saint-Malo et Oléron, il prend sa retraite. Face aux menaces des armées de François II de Hongrie et de Bohême, il se porte volontaire et est élu lieutenant-colonel des Volontaires de la Côte d’Or, ou il commande le 2ème bataillon en septembre 1791. Envoyé sur le front, après la déclaration de guerre de Louis XVI, d’abord avec l’armée du Nord de Rochambeau, qui avait été battue à Mons et Tournay, puis celle de La Fayette, qui commande l’armée du Centre, depuis Maubeuge. La Fayette avait reconnu la valeur du bataillon, et le met en avant-garde de ses troupes.

Arrive la malheureuse affaire de la Glisuelle, où le bataillon – d’environ 4000 hommes- livra une lutte héroïque contre une armée ennemie, infanterie et cavalerie, plus de trois fois plus importante le 13 juin 1792. Les autrichiens menés par Saxe et Würtemberg pensaient avancer rapidement après avoir surpris une première fois les français, mal renseignés, qui se débandent, mais le Général Gouvion et Cazotte regroupent les troupes, sous un orage violent, disent que La Fayette arrive, et tentent de tenir le front. La relève tardant, les troupes se préparent à une retraite, mais continuent de se battre héroïquement contre les Uhlans, ils sont foudroyés par l’artillerie, tout en continuant d’avancer. Hélas Gouvion est frappé d’un boulet qui l’emporte, Cazotte est massacré par les Uhlans qui avaient contournés les troupes à pied et les hussards. La bataille de la Glisuelle est vécue comme une victoire par La Fayette, qui arrive ensuite, car les autrichiens se rendent compte qu’ils ne peuvent continuer jusqu’à Paris sans durs combats, et marquent donc un arrêt.

Une stèle fut érigée à l’endroit du combat par la ville de Maubeuge et le Souvenir français, qui fait hommage à Gouvion, au Lieutenant-colonel Cazotte, et aux Volontaires de la Côte d’Or. A Dijon la rue Cazotte célèbre le souvenir de ce personnage courageux, dont le général Dumouriez, ministre de la Guerre, fit un éloge à l’Assemblée Législative en juin 1792.

Références :  Sadi Carnot, Les Volontaires de la Côte d’Or, 1906