Henri de Cazotte, producteur de cinéma

 

 

Henri Nicolas Scévole eut une carrière militaire exemplaire. Il fut 

Henri Nicolas Scévole fut un important banquier, fondé de pouvoir de la Banque Demachy. Il présida la Société cinématographique de France qui produisit le film « Napoléon » d’Abel Gance. Il décéda sans postérité.

 

Selon la Cinémathèque française, Henri Nicolas aurait été mêlé, voire été à la base de la production de ce gigantesque film. Il avait déjà été en contact avec Jacques Grinnief pour la production du film de Raymond Bernard « Le Miracle des Loups  » (1924) dans lequel Charles Dullin interprétait le rôle de Louis XI. Il dirigeait la banque Demachy qui soutint la création de la SGF (Société Générale de Film) société qui fut créée pour reprendre la production du Napoléon, brutalement interrompue en avril 1925 par la mort du principal bailleur: Hugo Stinnes.

Jacques Grinieff emmena donc Henri de Cazotte dans la création de la SGF (qui produisit aussi la fameuse Jeanne d’Arc de Karl Dreyer). Jacques Grinieff en fut le directeur général et Henri de Cazotte président.

Lors de la soirée de gala à l’Opéra de Paris, sous le patronage et en présence du Président de la République Gaston Doumergue et des Maréchaux Foch, Pétain, Joffre et Fayolle, la première personne remerciée par Abel Gance dans le livret est Henri de Cazotte ! 

Il fut un des protagonistes avec Jacques Grinieff, en septembre 1926 de la vente des droits du Napoléon pour une distribution quasi mondiale à la GMG (Gaumont Métro Goldwin: société créée pour distribuer des films américains en Europe et français aux USA). Un grand diner d’ailleurs fut organisé au Ritz à l’occasion de cette vente mémorable et exceptionnelle pour un film français en présence du fils de Marcus Loew.

Il fut président de la SGF jusqu’à sa mort survenue le 24/08/1928 à Marseille, en pleine exploitation du Napoléon. Il a été inhumé au cimetière de Passy, à Paris 16me.

Source Georges Mourier, Cinémathèque française, 2026

 

La descendance de Charles-Ferdinand de Cazotte

Charles-Ferdinand de Cazotte, né en 1820 à Versailles, est le dernier enfant de Jacques-Scévole. Diplomate, il entre au ministère des affaires étrangères en 1841. Il y effectue une carrière tournée vers les Amériques. Successivement jeune consul à Barcelone, Lima, Panama, à Valparaiso puis à Santiago du Chili, où il retrouvera son cousin germain Henri Nicolas, chargé d’affaires. C’est de cette époque que date l’épisode drolatique de ses relations avec Antoine de Tounens, roi de Patagonie. 

Son dernier poste est celui, très prestigieux, de Consul général, chargé d’affaires à San Francisco. La veille de son départ comme consul général à Shanghai, il meurt en 1869, en pleine ascension de carrière, de l’épidémie de variole qui frappe durement la communauté française de Californie. C’est lors de son séjour à Lima qu’il épouse en 1849, Flora Saenz de Tejada, issue d’une famille illustre d’origine espagnole. Ils eurent onze enfants dont cinq vécurent. On peut citer Jacques, ministre plénipotentiaire au ministère des affaires étrangères, Charles, au ministère de la Guerre, et Charles-Gaspar, dernier enfant de la fratrie qui poursuit le lignage Cazotte.

Charles-Gaspar (1862-1920) est aussi diplomate. Il entre comme son père et ses oncles dans la carrière diplomatique en 1883. Il ne fera pas vraiment carrière car il épouse tardivement, en 1902 Mary Cornelia Stone O’Connor, de San Francisco, dont la fortune familiale est importante. Il est envoyé comme consul à sa demande à San Francisco où il demeurera jusqu’à sa mort à 58 ans. De ce couple nait un seul garçon, Michel de Cazotte, né en 1903, élevé en Californie, décédé en 1957. Michel est élevé comme un petit américain et épouse la très jeune Martha Fairall, rencontrée sur les bancs de l’Université Stanford. Lors de la crise de 1929, le couple décide de s’installer à Paris où ils élèveront Jacques et Louis-Denis, nés en 1926 et 1927. Michel s’engagera en 1939 dans l’armée française, alors qu’il aurait pu rester aux Etats Unis. Il est fait prisonnier dans les premiers jours de guerre en Belgique, et passera cinq dures années dans le camp d’officier de K en Allemagne orientale. Revenu de camp en mai 1945, bravant mille souffrances, affaibli, il vivra entre la Suisse et la Californie jusqu’à sa mort.

Jacques de Cazotte (1926-2014) est le premier Cazotte de cette lignée à s’implanter vraiment en France du fait de son mariage avec Mireille Lefevre de Laboulaye en 1950. De cette union sont issus six enfants dont cinq garçons, Henry, Emmanuel, Elisabeth, Antoine, Scévole, Renaud, qui relancent le nom. Jacques de Cazotte a voulu retrouver les racines champenoises et s’est lié d’amitié avec Claude Taittinger. Il envisagea d’acheter une des belles demeures XVIIIème de Pierry, et participa au projet de célébration de son aïeul Cazotte, organisé par la Mairie de Pierry et l’Université de Reims. Son frère Louis-Denis, sans descendance, s’investira notamment dans la généalogie familiale.

Aujourd’hui la famille Cazotte est à nouveau nombreuse, répartie entre la France et les Etats-Unis.

Les enfants de Jacques-Scévole et d’Ursule Thérèse Amiel

Jacques-Scévole eut une longue vie comme on l’a vu. Il eut sur le tard, à partir de ses 38 ans, six enfants, Elisabeth, Claire, Laure, Paul, Blanche et Charles, nés d’Ursule Amiel, qui avait vingt ans de moins que lui. Ses filles Claire, Laure et Blanche l’entourèrent lors de sa vieillesse.

Elisabeth (1803-1835) épousa Achille Bernard de Chertemps, ils n’eurent pas de postérité au-delà de leur fils Gustave Bernard de Chertemps.

Claire (1805-1885) épousa Auguste Hannotin, qui fut Chef d’Escadron sous Charles X. Ce couple fut sans postérité.

Laure (1807-1888) épousa Alexandre, Marquis de Forget qui fut capitaine de Frégate, commandant du Port d’Alger. Ils eurent un fils Claude Olivier de Forget, chambellan de Napoléon III. Ce dernier fut sans postérité. La famille de Forget est connue pour avoir été pendant plusieurs générations titulaire de la charge des Grand-maitres des fauconniers du roi. Les Forget s’éteignent donc en 1899, laissant à Blanche et à Charles leurs biens.

Blanche (1817-1899) épousa Théodor Vautor des Roseaux, l’unique représentant martiniquais de cette génération et propriétaire de biens agricoles.

Paul (1810-1832) fut un brillant polytechnicien, sorti second de l’école, ingénieur des Mines, mais mourut hélas du choléra à 21 ans. Il est enterré au cimetière du Montparnasse.

Charles Ferdinand (1820-1869), brillant et courageux diplomate, est l’auteur de la suite de la branche des Cazotte, encore en vie. Il est responsable du premier ancrage « californien » de la famille Cazotte.

Malgré ses nombreux enfants, Jacques-Scévole n’eut que très peu de petits enfants. Et la famille Cazotte, branche ainée, française, eut à nouveau, après la Restauration et sous le Second Empire, une descendance ténue.